Sur le parvis du collège Politzer à Montreuil-sous-Bois

Origine du projet "espace pour les filles"

un projet paysager, architectural et artistique

lundi 25 mai 2026, par Léa Longeot

L’association didattica maintient son engagement dans le quartier des Ruffins-Le Morillon avec le développement de projets pédagogiques d’architecture, de paysage et d’urbanisme, d’éducation à la citoyenneté active et à la création, et d’accompagnement à la vie de quartier. Les années 2024 et 2025 avec La bonne aventure du tramway ont vu émerger plusieurs architectures et aménagements. En 2026, l’objectif est d’en finaliser certaines et certains et d’en réaliser d’autres qui avaient été proposés en assemblée citoyenne et conçus par les enfants et adolescents du quartier en 2025.

Devenu un nouvel espace public avec de nouveaux usages suite aux aménagements proposés, conçus et réalisés par les enfants en 2021 (abri, table de pique-nique, fresque et plantations), en 2024-2025, cette entrée de collège a continué à être investi par didattica avec la reprise d’ateliers hebdomadaires avec une classe de CM1/CM2 de l’école Daniel Renoult et des collégien.ne.s volontaires du collège Politzer.

Parmi toutes les propositions des enfants et adolescents, c’est « un espace pour les filles » qui a été choisi en assemblée citoyenne en janvier 2025. L’équipe pédagogique de didattica a dû s’adapter et imaginer une méthode pédagogique spécifique et inédite de co-conception afin de définir de façon collective et coopérative entre les enfants et adolescent.e.s, ce qu’est « un espace pour les filles ».
Une membre de l’équipe pédagogique 2024-2025, jeune diplômée en sciences-politiques et urbanisme, scribe des ateliers et volontaire en service civique en 2025, a été désignée comme référente de la thématique du genre dans l’espace public. Elle fut chargée de préparer la documentation spécifique pour alimenter ce travail en atelier et développer une vigilance particulière à ce thème dans le cadre du travail de co-conception architecturale et de paysagère.

D’où vient cette idée d’espace pour les filles ?

Cette idée a été proposée par une écolière dans le cadre de l’atelier de création urbaine « La bonne aventure du tramway » mené par l’association didattica au sein d’une classe de CM1/CM2 de l’école Daniel Renoult (en face du collège Politzer) l’année scolaire 2024/2025.
Une dizaine de propositions d’aménagements ont émergé parmi les écolier.e.s pour l’entrée du collège Politzer.
Ces propositions ont été présentées en assemblée citoyenne du quartier et au Conseil de la Vie Collégienne en janvier 2025 et c’est l’espace pour les filles qui a remporté le plus de votes.
Puis des collégien.ne.s volontaires ont rejoint la dynamique de création de nouveaux aménagements pour le parvis du collège et ont fait des propositions qui ont été discutées au sein de la classe de CM1/CM2 et lors d’une deuxième assemblée citoyenne et d’une deuxième réunion du Conseil de la Vie Collégienne en mars 2025.

Qu’est-ce que l’espace pour les filles ?

L’idée première de l’écolière pour un espace pour les filles, était de donner la possibilité aux filles de se retrouver entre elles en privé et de pouvoir dessiner. L’équipe pédagogique de didattica a ainsi organisé de nombreuses discussions et travaux, en séances d’atelier, avec les écolier.e.s et collégien.ne.s afin de définir ce que pourrait être un espace pour les filles.
Des thèmes forts ont émergé qui ont permis de guider le travail d’imagination des aménagements : intimité, confort, égalité, protection, convivialité. Les échanges et témoignages au sein des séances d’atelier ont montré que les filles ont moins d’espace public qui leur soit adapté en termes d’activité, de sentiment de sécurité, et d’apaisement. C’est pour cette raison que l’espace a été pensé afin de procurer aux filles un espace approprié où elles se sentent bien.
Tout au long du processus de conception de « l’espace pour les filles » en 2024 2025, aussi bien les filles que les garçons ont fait des propositions pertinentes. L’espace pour les filles n’exclut pas les garçons, bien au contraire c’est un espace égalitaire qui prend soin des relations entre les filles et les garçons. C’est un espace qui porte une attention sur la place des filles dans l’espace public.

La fresque et la frise de l’espace pour les filles

Afin de visibiliser et politiser l’enjeu de la place des filles dans cet espace public qu’est le parvis du collège, une collégienne a proposé de réaliser une frise sur le droit des femmes au centre d’une agora entourée de bancs, avec une fresque colorée.
Le travail en atelier sur cette frise et cette fresque, a conduit à chercher non pas seulement les droits acquis par les femmes en France, mais aussi à s’intéresser aux luttes féministes intersectionnelles, qui intègrent les injustices sociales et le racisme. Car en effet, la question des inégalités a été mise en avant par les enfants et adolescent.e.s des ateliers et la plupart d’entre elles et eux sont directement concernés par le racisme. L’atelier s’est ainsi appuyé sur les travaux de Françoise Vergès, notamment son ouvrage « Un féminisme décolonial » (2019) et les recherches des filles volontaires, qui ont souhaité mettre en avant des figures de femmes militantes. La frise historique s’est construite tout au long des séances et a abouti à une frise non-exhaustive de mouvements féministes anti-racistes et décoloniaux dans le monde. Elle est représentée par une fresque dont le dessin a été proposé par une écolière.

Les informations sur la fresque sont à retrouver en détail en ligne avec le lien du QR code ci-dessous

Frise détaillée « Féminismes anti-racistes décoloniaux dans le monde »


De quoi est fait l’espace pour les filles ?


  1. AMÉNAGEMENT PAYSAGER (plantes) : parsemé sur l’ensemble du parvis avec création de bancs en arc de cercle et de cheminements de différentes natures : un chemin en sable stabilisé et un chemin en pas japonais composé de chutes de bitume (185 m2 de bitume retiré !)
  2. ARCHITECTURE ET DESIGN : un abri rond avec couverture en forme de dôme, tunnel semi-couvert avec de nouvelles plantations grimpantes, mobilier urbain, support de communication et de création, dispositif d’exposition et de récit…
  3. ART, SCIENCE ET POLITIQUE : fresque multicolore « Féminismes anti-racistes décoloniaux dans le monde », accompagnée d’une frise historique détaillée en téléchargement ici

Ce projet a été soutenu en 2024, 2025 et 2026 par les financeurs suivants :

Le chantier pédagogique et ouvert qui a eu lieu au printemps-été-automne 2025, a permis de réaliser la première partie paysagère de « l’espace pour les filles » : 165 m2 de bitume enlevé donnant la possibilité de retrouver la terre, apport de 60 tonnes de terre végétale, de 8 tonnes de sable calcaire concassé et 8 tonnes de grave concassé, implantation de 280 plants d’une vingtaine de variétés végétales sur 80 m2, réalisation d’un chemin en sable stabilisé et d’un chemin en « pas japonais » non pas en bois mais en bitume grâce au réemploi de morceaux de bitumes et fabrication et fixation de deux très grands bancs en arc de cercle.

En 2026, il s’agit de réaliser les deux autres parties, architecturales et artistiques, avec les enfants et adolescent.e.s du quartier.

L’équipe pédagogique des ateliers et du chantier de l’espace pour les filles, était composée de Léo Lhermitte, Basile Aillet, Justine Yannou, Selya Souid, Basile Manguin, Maxime Priet, Marie Brunet, Hiba Lamti, Salma Nasri, Manon Truong, Elise Guignard, Elina Munch, Alina Sollange Gonzales Rique, Arlet Gamarra, Alya Trotte et Léa Longeot.

La jeunesse conceptrice et constructrice de l’espace pour les filles : Miya, Fernandy, Lyana, Sonaël, Aïcha, Hawa, Kaaba, Sara, Enzo, Kéziah, Kélya, Miya, Alassane, Aliyah, Ethan, Resul, Abdel-Madjid, Angela, Chana-Aïcha, Eusebiu, Ebaa, Maïmouna, Victoire, Iman, Telia, Elie, Boubacar, Kenan, Kamron, Lorenzo, Serine, Zahra, Catalin, Gabriel, Callie, Baptiste, Swany, Lenzo, Ilyan, Julien, Edhar, Sabrina, Aïcha, Samy, Lina, Inès, Oumou, Oliver, Maxim, Vladislav, Fatoumata, Mohamed-Amine, Lorine, Aya, Adam, Kilyan, Daniel, Djibril, Emilie, Zuhre, Francesca, Timur, Abdelatif, Neili, Ousmane, Melda, Daria, Meyris, Yahya, Malone, Mickael, Nicolae, Oussy, Asmine, Louise, Baya, Anastasia, Sokona, Mariam, Aminata, Mike, Yasmina, Oudjate, Noé, Jana, Abdouraman, Aïcha, Jazz, Léon, Basile, Pape, Bakoya, Salimata, Alicia, Sofia, Aissou, Armel, Otilia, Olivia, Bryan, Amaya, Issa, Jawed, Cheikh Tidiane, Yasmine, Gaspard, Milan, Sira, Léo, Romane, Phelicia, Kessim, Myriam, Oumou, Kabilan… et celles et ceux dont on n’a pas noté les prénoms (pardon pour elles et eux).
Nous remercions tous les bénévoles qui ont contribué au chantier ouvert.