TERRAIN de la bonne AVENTURE

Dernier ajout : 3 juillet 2025.

Une première pour didattica : le TERRAIN de la bonne AVENTURE à Montreuil-sous-Bois, 1 rue Juliette Dodu, a démarré lundi 30 décembre 2024 et a eu lieu à chaque vacances scolaires 2025, de 14h à 17h, l’hiver et l’automne et de 14h à 18h le printemps et l’été.
Pour tous les enfants à partir de cinq ans !
Elsa, Basile, Yahya, Selya, Arbi, Bassiré et Justine composaient l’équipe que Léa a eu le plaisir de coordonner. Il s’agissait de défendre :

  • le pouvoir d’agir et la prise d’autonomie des enfants et des adolescents.
  • un lieu et un temps d’apprentissage et d’invention.
  • le potentiel créatif commun à tous et toutes.

Les différentes sessions du Terrain d’aventure sont racontées en image dans le bilan d’activités 2024 et le bilan d’activités 2025.

C’est quoi le Terrain de la bonne aventure de didattica ?

Le Terrain d’aventure est une structure d’animation qui se développe en extérieur, sur de grands terrains. Elle fonctionne sur le concept d’accueil et d’activités libres et œuvre au développement de l’autonomie, de la confiance en soi et en l’autre et de l’expérimentation créative. C’est un espace d’apprentissage par le jeu, formulé en 1943 par un architecte paysagiste danois, Carl Théodore Sorensen.

L’idée est d’ouvrir une nouvelle forme d’espace, où les enfants peuvent laisser libre cours à leur esprit d’invention. L’autonomie de l’enfant va de pair avec le fait de savoir prendre des risques et d’aménager un bout de territoire en se l’appropriant.

L’accueil libre et gratuit permet de s’adresser au plus grand nombre, c’est pourquoi nous considérons que le terrain d’aventure est une alternative à la rue. Là, l’enfant participe à la conception de son propre terrain de jeux. L’usage du Terrain d’aventure est conditionné par l’imagination des enfants et leur coopération pour construire leur propre terrain de jeux.

C’est à travers la communication et l’entraide que l’enfant développe ses capacités. L’équipe d’animation est là pour l’aider dans ses recherches.

  • Le droit au jeu et aux loisirs, la participation à la vie culturelle et artistique des enfants sont inscrits au premier paragraphe de l’article 31 de la Convention internationale des droits de l’enfant (Cide) adoptée par l’assemblée générale des Nations Unies, le 20 novembre 1989. Elle est aujourd’hui ratifiée par 196 états.

Cadre de réflexion pour ce Terrain de la bonne aventure à Montreuil

Les Cémea (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active) sont un réseau d’éducation populaire fondé en 1937 en France, né après la victoire du Front Populaire. Ils s’inscrivent dans une perspective d’émancipation de l’enfant, prônant une éducation active, participative et critique. Les travailleur·euses militant·es des Cémea, au sein de leur antenne régionale, œuvrent via la formation professionnel·les et bénévoles dans les domaines de l’animation, de l’éducation et du travail social, et via l’accompagnement des structures d’animations et d’éducation (centres de loisirs, colonies de vacances et établissements scolaires).

Les Cémea s’intéressent aux Terrains d’aventure au moment où ce concept regagne en popularité en France, après plusieurs décennies de déclin. Depuis 2017, ils font la promotion des Terrains d’aventure auprès des collectivités territoriales, créent des terrains, composent et forment des équipes d’animation, expérimentent, inventent et recensent des outils, soutiennent les nouvelles initiatives… Les Cémea s’illustrent comme des partenaires du Terrain de la bonne aventure, d’autant que leur conception du Terrain d’aventure s’inspire de la pédagogie institutionnelle, tout comme didattica pour ses projets pédagogiques.

La pédagogie institutionnelle est une approche éducative développée dans les années 1950 en France. Elle vise à intégrer les dynamiques culturelles, sociales et psychologiques des groupes dans le cadre éducatif, en instaurant des « institutions » internes qui permettent à chacun·e de participer activement et équitablement à la vie du groupe. Ces institutions sont des rôles, des responsabilités, des espaces, et/ou des moments et agissent comme médiation entre le désir de l’enfant et les règles requises par le collectif. Parmi ces institutions, didattica a choisi d’incorporer les suivantes dans sa gestion du TA :

  • le conseil : est un temps privilégié pour la démocratie au sein du Terrain d’aventure. Chaque participant·e peut y proposer des nouvelles règles pour le terrain, débattre, résoudre des conflits ou évaluer le fonctionnement du groupe. Pour l’instant, l’équipe de didattica l’a instauré au moment du goûter à 16h30
  • le « Quoi de neuf » : est un temps d’ouverture du Terrain d’aventure, un moment informel où les enfants sont invités à partager librement ce qu’ils·elles ont envie de dire au groupe, aux animateurs.trices, pour débuter la journée : une anecdote, un événement marquant ou une émotion

Quels principes régissent le Terrain d’aventure de didattica ?

Rappel des principes de la charte des Terrains d’aventure proposée par les Ceméa auxquels l’association didattica adhère et qu’elle applique au sein du terrain d’aventure :

Le libre accès

  • Dans une optique d’accueil inconditionnel, chaque personne, quel que soit son âge, sa classe sociale, son genre, ses origines, sa couleur de peau, ou sa validité, peut aller et venir. Aucune inscription préalable n’est nécessaire. Il ne s’agit pas d’un mode de garde et l’équipe ne peut contraindre les usager·es à rester sur le site. Seuls des horaires d’ouvertures et de fermetures sont indiquées pour informer de la présence ou non de l’équipe du terrain d’aventure.

La gratuité

  • La gratuité est une condition primordiale des terrains d’aventures : elle garantit l’accès à des espaces d’émancipation individuel et collectif pour toutes et tous.

La libre activité, le jeu libre

  • Les activités ou les jeux pratiqués ne sont pas conditionné·es à un programme. Ces dernier·es sont libres et de nombreux facteurs contribuent à la mise en œuvre de ce troisième principe : posture des membres de l’équipe, capacité d’observation, de proposition, de médiation, etc.

A didattica, nous envisageons d’autres principes à inscrire dans le projet monté

Expérimentation

  • S’approprier un temps, un espace et du matériel disponible pour tenter de nouvelles pratiques pédagogiques, afin de renforcer le pouvoir d’agir et la prise d’autonomie des enfants et adolescents et valoriser leur potentiel créatif. Fabriquer en jouant, jouer en fabriquant.

Coopération

  • Faire du terrain un lieu de rencontres entre enfants grâce à l’organisation d’évènements rassembleurs et d’activités et à la mise en place de moments d’échanges tels que le conseil ou le quoi de neuf. Travailler à l’apprentissage du collectif, à l’acceptation de l’autre (genre, culture, social, handicap), et à la circulation des savoirs entre enfants.

Transmission

  • Volonté de peupler le terrain d’aventure d’adultes architectes, paysagistes, artisans et autres bricoleur.euse.s, faisant partie de l’équipe d’encadrement ou pas, afin qu’iels puissent investir le terrain de projets de construction et de paysage et ainsi permettre le frottement entre des adultes qui s’amusent à aménager, bricoler et des enfants qui voudraient apprendre à jardiner, bricoler en s’amusant.

Démocratie

  • Un terrain d’aventure n’est pas figé, il évolue en fonction de l’équipe d’encadrement, des usages et des besoins exprimés par les enfants et adolescent·es. Les règles peuvent changer. Le conseil des enfants est un des outils qui permet ce fonctionnement démocratique.

Responsabilisation

  • Rendre les enfants et les jeunes acteur.trice.s des règles qui régissent le terrain au moment des réunions (quoi de neuf et conseil). Les aider à gérer eux-mêmes les risques auxquels iels se frottent, mais aussi à prendre en charge les conséquences d’un événement à risque : faire de la prévention, établir des règles, réparer le matériel, soigner les blessures etc.

Éthique de l’action

  • L’équipe en charge du terrain agit dans une posture de réflexivité permanente quant à leur place d’encadrants. Se questionner sur nos pratiques fait partie intégrante du travail éducatif, c’est pourquoi nous consacrons un temps de bilan quotidien et une réunion plénière avant chaque session afin de réactualiser les questions qui nous traversent.

Contexte et histoire du Terrain de la bonne aventure

L’attente de la prolongation de la ligne de tramway T1 dans le quartier Ruffins-Le Morillon de Montreuil, a laissé des parcelles inutilisées durant près de trente ans, favorisant l’apparition de friches urbaines.
En 2020, un premier projet d’urbanisme transitoire et d’éducation populaire porté par l’association didattica, en soutien à la mobilisation citoyenne de l’association d’habitants « Collectif Ruffins Ensemble », a permis d’obtenir l’occupation précaire de parcelles appartenant à l’État et gérées par Grand Paris Aménagement.
Ancienne décharge sauvage, une friche devient alors un espace citoyen au sein du quartier et fut appelée « Un tramway nommé désir ». Grâce à la démarche pédagogique et démocratique de création urbaine mise en place par didattica dans des institutions scolaires et périscolaires du quartier, ce nouveau lieu fut doté d’une tour d’observation du paysage et d’une tyrolienne, et a accueilli de nombreux enfants et adolescents. Des coopérations se sont développées sur le long terme avec les accueils loisirs du quartier et en particulier celui de Paul Lafargue, avec le collège Georges et Maï Politzer et en 2024 avec l’école élémentaire Daniel Renoult.
Ce lieu devint alors un levier de mobilisation renforçant les liens de proximité et l’appropriation de l’espace public par les enfants et les familles. Une dynamique de quartier de transformation urbaine avec sa jeunesse, est ainsi née.
Dès 2022, la friche « Un tramway nommé désir » a accueilli les premières expérimentations de Terrain d’Aventures initiées par l’association culturelle et sociale du quartier, la Ruffinerie, puis par didattica l’année scolaire 2024-2025 avec l’appui des Ceméa à travers leur Groupe Régional des Terrains d’Aventures en IDF. Coordonné par les Ceméa, ce groupe constitue un espace de réflexion, de professionnalisation et de mise en réseau des acteurs des Terrains d’Aventures, et s’adosse à un groupe de recherche-action TAPLA ("Terrains d’aventure du passé / pour l’avenir".)
En 2024, la friche « Un tramway nommé désir » s’est transformée avec le projet de pérennisation de la Tyrolienne du tramway. Une nouvelle parcelle appartenant au Département de la Seine-Saint-Denis compose ce nouveau lieu appelé « Le Terrain de la bonne aventure du tramway » en vue notamment de pérenniser le Terrain d’aventures. De nouveaux aménagements ont été réalisés avec la jeunesse du quartier à l’issue encore d’une démarche pédagogique et démocratique : des toilettes sèches, un abri et la structure d’une cabane dans le marronnier votée en assemblée citoyenne.
En 2026 l’association didattica a fait appel aux Ceméa afin d’assurer la continuité et le maintien du terrain d’aventures. Les Céméa s’inscrivent dans un projet global porté par didattica. Ils s’appuient à la fois sur l’expérience acquise lors des phases d’expérimentation, sur l’ancrage territorial existant et ont une expertise reconnue en matière de Terrains d’Aventures et d’animation éducative du dehors.

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